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par Frantz AMATHY magazine L'Initiation
Lors de ces 30 dernières années, le terme de « réincarnation », comme celui de "karma", se sont vulgarisés en occident. Parfois prononcés sur le ton de la plaisanterie, mais le plus souvent évoqués avec sérieux, ils témoignent d'un intérêt grandissant de la population pour les mystères de la vie et de la destinée.
Ces croyances,
qui ont été évincées des religions chrétiennes, musulmanes et judaïques ressurgissent aujourd'hui avec force dans nos pays et proposent une alternative à la peur de la mort. Elles nous renvoient
d'ailleurs à cette question essentielle, la mort existe-t-elle ?
La grande nature qui nous entoure est régie par la loi du cycle. Tout ce qui naît en ce monde doit mourir et rejaillit d'une autre manière, tout ce qui apparaît doit disparaître ou changer de forme. Ainsi, le soleil se lève et se couche chaque jour, les saisons se succèdent en permanence. De la mort apparente de l'hiver à la résurrection du printemps, de l'inspire à l'expire, l'existence est une alternance d'états passifs et actifs qui font tourner la grande roue du devenir. Le yin appelle le yang, les jours et les nuits se succèdent, notre vie toute entière est construite autour de veilles et de sommeils qui nous conduisent progressivement vers un but mystérieux.
Où va l'être humain lorsqu'il se couche le soir et qu'il s'endort ? Pourquoi le matin, au réveil, le corps est-il empli d'une nouvelle énergie, d'une nouvelle vie ?
Pourquoi les souvenirs s'effacent-ils avec le temps ? Passer du stade de nourrisson à celui d'adolescent et à celui d'adulte, n'est-il pas similaire à une succession de morts et de renaissances ? Qui se souvient des toutes premières années de sa vie…et qui peut affirmer que, s'il n'a pas la mémoire de ses vies antérieures, il n'existait pas déjà avant son incarnation présente ?
25% des français… et des européens,
adhèrent aujourd'hui à la croyance en la réincarnation.
La réincarnation, une croyance largement répandue.
Aujourd'hui, la réincarnation est une croyance religieuse partagée par plus d'un milliard d'hommes et de femmes sur la planète (les hindous, les bouddhistes, les jaïns, les sikhs, les adeptes des religions tribales africaines auxquels s'ajoutent différents groupes spiritualistes). Dans les coulisses de nos cultures occidentales, se retrouvent également les traces oubliées de cette croyance. Dans les écrits de Platon, par exemple, on peut découvrir des discussions su*r la réincarnation ou des allusions à celle-ci, notamment dans le Phédon.
Mais c'est principalement dans la civilisation grecque que fleurit la doctrine de la réincarnation et plus particulièrement, de la métempsycose. En grec, métempsycose signifie "transmigration des âmes". Dans cette doctrine, l'âme poursuit son évolution d'existence en existence humaine (réincarnation), et peut éventuellement s'incarner dans un animal ou un végétal (métempsycose).
Cependant, la plupart des courants adeptes de la réincarnation décrètent que l'âme, normalement, ne retourne jamais en arrière. Elle passe du minéral au végétal, puis à l'animal et à l'homme, en s'individualisant progressivement et en éveillant sa conscience supérieure vie après vie.
Cela laisse également sous-entendre qu'après avoir atteint le stade de l'homme, l'âme continue son chemin à travers les sept degrés de l'existence et chemine vers la sphère des Anges, des Archanges et des Dieux (Élohim).
Cette évolution de la flamme de la conscience laisse songeur, car elle dévoile que l'être humain porte en lui le potentiel de l'infini Lumineux, de la déité manifestée. Le Christ affirmait : "Vous êtes des Dieux" et sa parole était éloquente. La plupart des Églises chrétiennes semblent toutefois avoir oublié les préceptes de leur Maître, en préférant s'axer sur le principe du péché inhérent à l'homme. Elles ont préféré courber le dos devant les difficultés de la vie, effacer la possibilité d'un avenir glorieux, plutôt que d'inviter leurs disciples à entrer sur un chemin d'ennoblissement et de perfectionnement... un chemin qui fait vivre la parole de Jésus : « Les œuvres que j'ai faites, vous les ferez tous et même de plus grandes ». Au cours de l'histoire du christianisme, on remarque d'ailleurs de curieux changements de position par rapport à cette idée des vies successives. Dans les évangiles, par exemple, il est dit de St Jean le Baptiste : « C'est Elie qui est revenu ». Et ce n'est que lors du concile de Trente, au XIVème siècle, que l'idée de la réincarnation fut définitivement expurgée de la pensée chrétienne. Par cette prise de décision, l'Église a limité la vision de l'avenir d'un individu à une seule incarnation de la même manière que l'on déciderait que le cliché photo graphique d'un être, pris sur le vif à un moment donné de son existence, est l'expression de son Essence, de ce qu'il a été, est et sera - lui laissant entrevoir que, de toutes façons, il n'atteindrait jamais l'idéal du Christ - ce chemin étant impossible à par courir en une seule vie. La parole du Maître Jésus : "Malheur à vous qui avez fermé les portes" n'est-elle pas toujours d'actualité ?
Ne cherchez pas le passé, ne cherchez pas le futur ;
Le passé est évanoui, le futur n'est pas encore advenu.
Mais observez ici cet objet qui est maintenant. Bouddha
L'énigme du sommeil.
Chaque nuit, lorsque l'on s'endort, l'âme se détache du corps physique et les corps subtils de l'homme s'élèvent sur un autre plan. Ils peuvent ainsi aller se ressourcer dans les sphères spirituelles avec lesquelles l'individu est en affinité. Dès lors, on peut comprendre que l'expérience du sommeil propulse le dormeur dans le monde de
l'après-vie, avec cela de différent par rapport à la mort, que « la corde d'argent » qui relie le corps éthérique au corps physique est toujours présente.
Toutes les nuits, nous expérimentons la mort et, tous les matins, en nous réveillant, nous renaissons, sans forcément garder de souvenirs précis de ce que nous avons vécu pendant la nuit.
Dans l'Apocalypse de St Jean, à un certain moment, il est écrit : « il n'y aura plus de jours ni de nuits ». D'un point de vue ésotérique, cela signifie qu'il existera une continuité de conscience entre la vie incarnée et l'après-vie. Cette capacité de souvenir est la clé de la véritable immortalité. Celle qui traverse le voile de la mort et qui fait de l'être humain un véritable élève de la Vie.
Alors ce dernier n'est plus limité à son seul corps physique et vit comme une âme en chemin, comme un être qui vient faire l'expérience de l'école de la terre pour apprendre, grandir, acquérir une sagesse et trouver finalement le secret de l'union des mondes. L'âme s'habille régulièrement d'un nouveau corps comme elle enfilerait un nouveau vêtement lorsque l'ancien est usé, jusqu'à ce qu'elle soit sortie de la roue éternelle qui l'enchaîne et l'oblige à revenir.
A partir d'un certain degré d'éveil de la conscience, à partir d'un certain niveau de Maîtrise, l'être humain peut se souvenir consciemment de ses vies antérieures et continuer son œuvre
pour la lumière, de vie en vie, sans rien perdre de ses acquis.
Bouddha se souvenait de 500 de ses incarnations et il est dit du Maître du Kriya Yoga, Babaji, en Inde, qu'il a cette capacité de quitter son corps lorsque celui-ci vieillit et d'en reprendre un consciemment afin de rester sur la terre et enseigner. De nombreux yogis, en Inde, ont également développé cette mémoire qui traverse les frontières de la mort.
Le mystère des Tulkus
Pour nous, occidentaux, la lignée des tulkus est un véritable mystère. Apparue au XIIème siècle, elle s'est étendue durant les deux siècles suivants aux différentes écoles du bouddhisme tibétain. Sur le plan spirituel, ces grands maîtres qui suivent la voie des bodhisattvas, pourraient contrôler leur renaissance par la force de leur sagesse et compassion. Ils choisissent de renaître pour le bien de tous les êtres.
Les bodhisattvas, quant à eux, sont des individus qui ont fait le vœu de se réincarner jusqu'à ce que tous les êtres aient atteint l'illumination et soient délivrés. Il s'agit d'un état d'être. Ils sont des serviteurs de la vie et de l'amour, des thérapeutes, e portent différents noms en fonction des traditions. Vis-à-vis des racines de notre culture occidentale, les êtres les plus proches de cette manière d'être et de vivre dans notre histoire sont connus sous le nom d'Esséniens.
Le Tulku peut laisser avant sa mort des indications orales ou écrites concernant les circonstances de sa prochaine renaissance.
On peut également faire appel à l'Astrologie, à des prophéties ou à des intuitions de lamas consacrés pour le retrouver. Il s'écoule en général deux ou trois ans avant que le Tulku ne soit identifié, car il doit réussir différentes épreuves de reconnaissance de personnes ou d'objets qu'il a rencontrés dans sa vie précédente. Les Tulkus de certaines lignées peuvent se reconnaître mutuellement. Ces lignées sont par exemple celles des Panchen-lamas, Karmapas, Dalaï lamas.
Le jeune Tulku est généralement élevé par ses parents durant les cinq ou six premières années de sa vie. Ensuite, s'il s'agit d'un grand maître, il est intronisé dans un monastère en tant que détenteur de la lignée qui lui correspond. Certains Tulkus ne sont reconnus qu'à l'âge adulte et d'autres refusent leur destinée préétablie.
Les estimations concernant le nombre de Tulkus dans le monde,
varient d'un demi-millier à un millier.
On y trouve parfois des femmes.
Les Tulkus gardent-ils le libre-arbitre ?
Oui, car en s'incarnant, chaque être a le choix de vivre comme il l'entend. L'un honorera ses engagements passés, l'autre changera de vie et fera d'autres expériences. Par exemple, l'un des Tulkus qui a refusé sa voie est Osel Hita Torres. Né en Andalousie, ce jeune espagnol, découvert à l'âge de 6 ans, est désigné par le 14e Dalaï Lama comme étant le Tulku du Lama Yeshe. Il est séparé de sa famille mais ne le vit pas bien. Après des années, qu'il décrira plus tard en des termes bien sombres : "reclus dans un univers médiéval", il décide de tout quitter à ses 18 ans. Il revient ensuite en Espagne et démarre des études de cinéma à Madrid. Loin de l'avoir totalement rejeté, la communauté bouddhiste garde des photos de lui, même de nos jours : barbu, caméra au poing.
Elijah Ary, reconnu comme la réincarnation d'un moine mort au milieu du XXe siècle, le tibétain Geshe Jetse, a lui aussi finalement choisi un retour à la vie civile.
Ce jeune canadien vivait au milieu d'une famille convertie au bouddhisme. A l'âge de 4 ans, il commence à se souvenir de sa vie antérieure et raconte des anecdotes à ses parents, nommant ses compagnons d'alors. Les parents rapportent, sans trop y croire, ses mots à un moine, qui finira par désigner Elijah comme Tulku. Le choc est rude pour ses parents qui, même s'ils sont très croyants refusent de voir partir
un si jeune enfant. Elijah ne sera finalement envoyé en Inde qu'à l'âge de 14 ans. Après des années au milieu des moines, il préfère rentrer en Occident, et... se marier avec son amour d'enfance. Cependant, il reste très marqué par son expérience et décide que ce retour ne sera que l'occasion de transmettre tout ce qu'il a appris. Après des études à Harvard, il devient professeur de bouddhisme.
Celui qui veut prendre la peine de se libérer des idées reçues,
Et apprendre à retrouver le chemin de sa véritable destinée,
Du bonheur à la mission de son âme,
Découvrira un trésor insoupçonné.
Regard sur nos vies.
Là où les occidentaux restent dans des rêves et dans une vision abstraite de la mort -détachée de toute relation à la vie - d'autres cultures ont préservé le trésor d'une sagesse ancestrale. Cette sagesse, présente dans les traditions de tous les peuples comme une seule sagesse, comme le langage vivant de la nature omniprésent, se manifeste différemment en fonction des lieux et des époques. Mais elle reste toutefois reliée à la même source, celle qui cultive le souvenir de l'origine de l'homme... celle qui donne un .sens à la vie et nous montre d'où l'on vient et où l'on va. Alors la peur née de l'ignorance s'efface et les chaînes tombent. Celui qui veut prendre la peine de se libérer des idées reçues et apprendre à retrouver le chemin de sa véritable destinée, du bonheur et de la mission de son âme, découvrira un trésor insoupçonné.
Frantz AMATHY
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